Notre histoire

Histoire de l'Abbaye de Pradines

Le “père” de la vie monastique en Occident, et spécialement de la vie bénédictine, est né vers 480 à Nursie, en Ombrie au centre de l’Italie. Tout jeune homme, Benoît quitte la vie étudiante commencée à Rome et s’enfonce dans la solitude d’une grotte à Subiaco avec le désir de “plaire à Dieu seul”. Il s’insère dans la tradition monastique chrétienne née en Egypte dès le début du IVe siècle. Purifié et transformé par ce choix radical, il commence, trois ans plus tard, avec quelques disciples, une vie communautaire. Puis, il fonde un monastère au Mont Cassin.
De cette montagne aux vastes horizons, sa communauté s’ouvre aux besoins des pauvres et des chercheurs de Dieu. Il écrit une règle tissée d’Ecriture Sainte, “la Règle des moines”, fruit de son expérience. Par sa sagesse humaine et spirituelle, cette Règle s’étend dans le bassin méditerranéen et même au-delà, et elle traversera les siècles.

Duché de Savoie, pays d'origine de Thérèse de Bavoz

Au VIIe siècle, elle est adoptée par l’Abbaye Saint Pierre de Lyon. C’est là que Thérèse de Bavoz (1768-1838), notre fondatrice, née à Billième dans le Duché de Savoie, entrera en
1784 à l’âge de 16 ans. En 1792, l’abbaye est fermée par les lois révolutionnaires.

Fidèle à sa vocation, Thérèse refuse de prêter le serment constitutionnel et mène avec quelques sœurs une vie clandestine à Lyon. Arrêtée, elle connaît la détention dans les prisons de la Terreur.
En 1795, elle répond à la demande d’un prêtre réfractaire de s’engager dans l’éducation des enfants. Elle entre alors dans le mouvement clandestin de Sainte-Agathe-en-Donzy, dans le Forez, et forme, avec quelques compagnes, une communauté austère, suspectée par les autorités civiles. La force de sa foi lui permet de traverser les multiples épreuves et de passer à travers la tourmente révolutionnaire.

La rue des Trois Marie

A la faveur du Consulat, la communauté et son école s’installent dans le château délabré de Pradines. Les débuts sont difficiles car la vie monastique est mal comprise tant par les autorités religieuses que civiles.

Seules les communautés enseignantes ou hospitalières sont autorisées.

Thérèse vivra dix années très douloureuses, jusqu’à ce que le Cardinal Fesch, archevêque de Lyon, l’autorise enfin à réaliser son projet de vie bénédictine.
C’est ainsi que par la fermeté de son charisme, Thérèse parvint, en 1818, à donner naissance à notre communauté. Confiante en “la grâce de renouveau attachée par Dieu à l’Ordre de Saint Benoît”, elle favorise la renaissance de la vie monastique de La Rochette (diocèse de Lyon) et de Notre-Dame de Jouarre (diocèse de Meaux), où des moniales persévéraient discrètement durant cette période révolutionnaire. D’autres essaimages ainsi que de l’aide apportée à diverses communautés suivront, jusqu’à ce jour de 1960 où l’Evêque de Bouaké nous appellera pour une fondation en Côte d’Ivoire.